FAUT-IL ÊTRE SOUPLE POUR FAIRE DU YOGA ?
- 6 août
- 2 min de lecture
Question légitime, car il arrive souvent que des personnes raides aient l'impression d'être moins « douées » au yoga que celles naturellement souples, voire de ne pas avoir leur place dans un cours de yoga. Pour faire court : la réponse est non !

Cette idée reçue est largement entretenue par les réseaux sociaux, où défilent des images de postures spectaculaires, réalisées par des personnes jeunes et athlétiques.
Même si la souplesse est l’un des aspects sur lesquels on travaille dans notre pratique, elle n’est en aucun cas un prérequis. Elle n’est d’ailleurs pas toujours un avantage. Souplesse peut en effet rimer avec instabilité notamment dans les postures d’équilibre. Une personne plus raide sera parfois naturellement plus stable dans ce type de postures.
Il faut aussi distinguer la souplesse musculaire — c'est-à-dire la capacité des muscles et autres tissus conjonctifs à s'allonger — de l'hypermobilité articulaire, qui correspond à une amplitude de mouvement supérieure à la moyenne sur une ou plusieurs articulations. Une personne peut ainsi être à la fois hypermobile tout en se sentant raide. Grâce à la grande amplitude de ses articulations, elle peut entrer facilement dans certaines postures, tandis que ses muscles se contractent davantage pour stabiliser ces amplitudes. En d'autres termes, une personne peut avoir l'air souple sans vraiment l'être !
Finalement, chacun vient au yoga avec ses qualités et ses limitations, et notre travail consiste à affiner notre conscience de tous ces détails pour équilibrer les polarités. Au fil du temps, la pratique devient à la fois puissante et calme, fluide et stable, et ces bienfaits se propagent à la sphère du mental. Même si pouvoir toucher ses pieds est une éventualité à force d’assiduité pour les personnes raides, cela n'est en aucun cas un objectif ni un prérequis.
On peut étendre ceci à d’autres d’interrogations qu’on pourrait avoir en commençant le yoga. Faut-il être végétarien pour faire du yoga ? Non-fumeur ? Exemplaire à tous les niveaux ?
Vous vous en doutez, la réponse est non. Absolument tout le monde devrait pouvoir commencer une pratique de yoga sans peur du jugement. À force d’assiduité, on apprend à amener de la conscience sur son corps, sur sa posture, sur son souffle. Mais aussi sur son comportement et son rapport aux autres. Progressivement, le yoga nous invite à remettre en question ce que nous mettons dans et sur notre corps, et comment nous nous présentons au monde — non pas en nous imposant des règles à suivre, mais de manière empirique, à partir de l’expérience que nous faisons lors de notre pratique.
Ce n'est donc pas la souplesse naturelle qui nous autorise à commencer le yoga ; c'est le yoga qui peut éclairer notre rapport à notre corps. Loin des dogmes, cette pratique nous invite à fournir un effort de transformation tout en nous détachant du résultat. Un des nombreux paradoxes du yoga !
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